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Téléservices et logiciels métiers : quels enjeux ?

Bruno Perrin
Bruno Perrin
Le point de vue de Bruno Perrin, DSI du Conseil général du Val d'Oise
Les logiciels métiers aujourd'hui sont des logiciels avec lesquels nous sommes amenés à avoir un certain nombre d'interfaces. Dès que nous passons à des problématiques de téléservice, nous nous retrouvons devant le cas naturel d'une saisie d'informations qui a été déportée auprès de l'usager.

Les agents attendent forcément qu'il n'y ait pas de double saisie, ce qui signifierait qu'une partie des informations saisie par l'usager devrait être ressaisie dans les applicatifs métier pour avoir un fonctionnement correct du système.

Ce qui est légitime, c’est la volonté des collectivités de faire en sorte que l’interface homme-machine proposée aux usagers soit la même, quel que soit le secteur d’activité dématerialisée.

Imaginez un système d’information multiple fait par différents éditeurs dans lequel chacun va proposer à l’usager une interface homme-machine différente.
Il est alors impossible de créer un espace unique dans lequel l’usager va pouvoir se connecter pour pouvoir bénéficier de l’ensemble des téléservices, et de l’ensemble des informations de remontée, d’avancement, des choses qui ont été remontées par les différents systèmes métier. Il est donc impossible d’offrir cette interface unique.

Pour assurer cette fluidité d’information, nous étudions, pour chaque téléservice, le niveau d’interaction avec le système d’information et les interfaces nécessaires à mettre en oeuvre.

Exemple : quand nous allons permettre de faire une inscription à la cantine, ensuite d’acheter des titres de cantine virtuels, nous avons jugé important de faire en sorte qu’à l’inscription à la cantine, les informations puissent être intégrées dans les applicatifs métier de la cantine pour ne pas avoir à ressaisir les informations. Mais il faut aussi faire en sorte que les applicatifs métier de gestion de cantine soient en capacité de pouvoir remonter une information auprès de l’usager pour que dans son espace privé, ce dernier ait la consommation achetée et les consommations réellement effectuées. Ainsi, il pourra ensuite racheter et réassortir son portefeuille de tickets.

Il est à notre sens un devoir de service public, dans ce cadre de l’administration électronique, d’exiger une interface unique pour nos habitants. D’une certaine manière, c’est ce positionnement-là qui fait qu’aujourd’hui, il peut y avoir un sentiment de la part des éditeurs que nous leur prenons une part de ce qu’ils ont à réaliser. Mais c’est notre devoir en tant qu’administratifs, et dans le cadre de ce que peuvent nous demander nos élus, d’offrir un service unifié aux habitants. Les éditeurs ne sont pas tous en capacité de le faire.

Ce que nous proposons aujourd’hui, c’est plutôt de faire en sorte que ces outils métier soient interopérables avec notre plate-forme. C’est en cela d’ailleurs qu’il est très intéressant qu’autant de collectivités dans le Val d’Oise nous aient rejoints. Cela nous donne un poids sur ces éditeurs.

Cela est encore plus important quand 540 collectivités de Poitou-Charentes nous rejoignent également. Ils seront en capacité chaque fois qu’ils auront à renouveler un produit métier de pouvoir mettre en place dans leur cahier des charges les quelques lignes nécessaires issues du cahier des charges d’interfaces généralisées, d’interfaces ouvertes que nous publierons à chaque fois sur le présent site. Cela leur permettra de pouvoir exiger de leurs fournisseurs, dans le cadre de la mise en concurrence, d’être interopérables et comptatibles avec la plate-forme d’administration électronique que la collectivité aura choisie.

Devant la réticence de certains éditeurs à travailler pour un coût raisonnable aux interfaces nécessaires, nous avons trouvé des outils et développé les compétences permettant de s’affranchir de cette collaboration pour un fonctionnement somme toute très satisfaisant


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